NOTRE ENVIRONNEMENT :

principale source de créativité ? 

 

« Rien ne se perd, rien ne se créé, tout se transforme ». La célèbre citation du chimiste français Antoine Lavoisier serait-elle applicable au domaine créatif ?

Selon l’approche multivariée de la créativité, la production créative serait rendue possible par l’intervention de plusieurs facteurs provenant de l’individu lui-même mais également de l’environnement. Le potentiel créatif est donc influencé par des facteurs cognitifs (intelligence, connaissance, …), conatifs (personnalité, motivation, …), émotionnels et environnementaux. La créativité s’avère être au coeur de nos préoccupations sociétales. En effet, la création permet à la fois des satisfactions personnelles et des améliorations collectives. De plus, dans de nombreux corps de métier, il est nécessaire de faire appel à l’imagination et à la créativité pour concevoir des objets. Mais où les créateurs puisent-ils leurs idées ? Bien souvent, pour ne pas dire tout le temps, la création résulte de l’observation d’’un objet de notre environnement qui est remodelé et réinterprété pour apporter une amélioration ou de la nouveauté.

Dans cette continuité, est-il possible de créer quelque chose à partir de rien ? Même si cette réponse reste sans preuve évidente, il parait légitime d’avancer que nous ne pouvons créer quelque chose de nouveau sans rien. Et pour illustrer cela, prenons l’exemple de Gutenberg, souvent considéré comme l’inventeur de l’imprimerie dans les années 1440. Même si, à l’époque, le principe de l’imprimerie existait déjà, il a permis de réduire les besoins en main d’oeuvre et le temps de production. Mais comment en a-t-il eu l’idée ? Dans sa création, on retrouve en réalité une inspiration des technologies existantes dans d’autres secteurs d’activité. En effet, la démonstration d’un pressoir à vin observé à Strasbourg aurait inspiré cette ingénieuse idée à Gutenberg. Il a ainsi transféré des connaissances et des techniques d’un domaine, celui de la viticulture, vers l’imprimerie. Ce que l’on en retient, c’est l’efficacité de ses innovations qui ont marqué le début d’une croissance fulgurante de la production des ouvrages imprimés.

Dans cette quête d’éclaircissement de la notion de créativité, il est également important de peser le rôle de l’imagination, considérée comme aptitude fondamentale de la cognition humaine. Notre système cérébral est capable de produire des images mentales en l’absence de réalité extérieur. Cela peut en partie s’expliquer par le fait qu’une partie de nos connaissances est stockée dans notre mémoire sémantique sous forme visuelle. Ces précisions nous éclairent sur la façon dont notre environnement influence notre créativité et notre imagination. La vision que nous avons du monde n’est autre qu’une interprétation de la réalité, et non pas de son reflet tel qu’il l’est réellement. Si nous l’interprétons tous à notre façon, c’est parce qu’une même situation, dans un environnement similaire est vécu différemment par deux personnes, en raison de leur vécu.

En somme, nous pouvons laisser une interrogation subsiter sur l’origine de la créativité, résulte-t-elle en réalité d’un sens aiguisé de l’observation ? Comme si la nature avait dispersé de nombreux indices et que l’Homme les avait interprété d’une certaine manière pour créer toutes ces choses qui n’existaient pas et réinventer celles qui existent déjà.