« Le textile est éternel, il n’est pas immuable. »
Anepou
Vous accueille à Montpellier et intervient partout en France.
Des pièces murales jusqu’à 190 × 150 cm, et des formats plus intimes, en coton, lin ou soie.
Tapis, têtes de lit, tentures, paravents, luminaires, commodes en bois et papier marouflé.
Son chantier en cours : habiller portes, meubles ou cloisons.
Architectes d’intérieur, décorateurs, créateurs de mode — jusqu’à des pièces tissées pour des robes de mariée.
Photographié sur place
Des années durant, Anepou a vécu au rythme des molécules et des protocoles. Ingénieur chimiste dans l’industrie pharmaceutique, il ne s’y sentait pas toujours en accord avec lui-même. La création arrive d’abord comme un remède : occuper ses mains, retrouver un équilibre.
Autodidacte, il découvre la couture seul. Il passe par les pigments, les enduits et les bijoux, avant de trouver dans le tissu son véritable territoire. En 2023, il franchit le pas : l’art cesse d’être un refuge pour devenir son métier. Du chercheur, il a gardé l’envie de comprendre ce que devient une fibre poussée dans ses retranchements.
Son pseudonyme est le nom que portait Anubis dans l’Égypte des pharaons. Maître des rites d’embaumement, ce dieu veillait à envelopper les défunts de bandes de lin avant leur grand départ. L’artiste y a vu un double. Lui aussi assemble des bandes de tissu, et lui aussi accompagne un voyage : celui d’une étoffe jetée qui revient sous forme d’œuvre.
Ce rapport charnel aux étoffes remonte à l’enfance. Né en République centrafricaine, Anepou a grandi au Moyen-Orient jusqu’à ses dix-sept ans. Il en garde une mémoire des couleurs : le rouge et l’ocre des terres africaines, les wax aux motifs géométriques, les dômes des mosquées iraniennes tout en bleus et en verts. Ses compositions en retiennent la cadence plus que l’image. On y voit des bandes qui alternent, des motifs qui reviennent, des teintes puissantes qui se répondent. Il dialogue aussi avec les grands noms de l’art textile, d’Olga de Amaral, à qui il a dédié une série de tapisseries, à Sheila Hicks.
Tout part de textiles dont on s’est débarrassé. Anepou les taille en lanières et les effiloche. Il recompose ensuite une surface neuve en enroulant, en empilant et en entrecroisant les fragments. Tout est cousu à la main, à plat, avant que l’œuvre ne gagne la verticale. Les points de couture restent visibles, en clin d’œil aux scarifications de certains peuples d’Afrique. Les fils qui s’échappent sur les bords rappellent la main qui les a travaillés.
Lin, soie, coton, papier cordé, fibres végétales, graines, crin de cheval : ses matières viennent de la nature et s’adressent à tous les sens. Anepou veut qu’on effleure ses pièces, qu’on les respire, qu’on en éprouve l’épaisseur. Dernier chapitre en date : le métal. De fines feuilles d’aluminium, prises dans la trame, font onduler le tissu et scintillent sous l’éclairage. Des fils de cuivre y glissent une note chaude. Ses œuvres gagnent ainsi en relief et changent de visage selon la lumière qui les accueille.
Il n’a jamais voulu que ses créations restent sagement suspendues. Elles se font tapis, têtes de lit, tentures, paravents ou luminaires. Après avoir longtemps retravaillé des meubles à l’enduit, il a signé une commode en bois et papier marouflé. Il expérimente désormais une marqueterie de tapisserie pour habiller portes, meubles ou cloisons.
Collectionneurs et amateurs d’art forment son premier cercle, rejoints par des architectes d’intérieur et des décorateurs. Il a aussi collaboré avec des créateurs de mode, jusqu’à tisser des pièces pour des robes de mariée. Ses œuvres ont par ailleurs été exposées six mois au Muséum d’histoire naturelle de Nîmes.
Chez lui, l’écologie n’a rien d’un argument : c’est sa matière première. Humaniste, il inscrit son activité dans une économie circulaire et solidaire, où rien ne se perd. C’est une maxime que l’ancien chimiste connaît bien. Créer, pour lui, c’est continuer d’apprendre et de grandir intérieurement. Il espère que ses œuvres aident ceux qui les accueillent à se construire ou à se reconstruire.
Il suffit parfois d’un fil pour tout recommencer. Celui qu’Anepou tire d’un vieux tissu oublié l’emmène loin : vers les terres rouges de son enfance, les dômes bleutés d’Orient, les rives du Nil où veillait Anubis. Dans son atelier montpelliérain, cet ancien chimiste défait lentement ce que le temps a usé, puis recoud la mémoire des étoffes en tapisseries lumineuses.
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