Histoire de Rognes au XVIème siècle

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Le violent XVIe siècle (invasions liées aux guerres d’Italie, guerres de religion) obligera la communauté à construire en 1526 des portes à l’est et à l’ouest de cette protection. Mais en 1537, c’est un vrai rempart de huit cents mètres de circuit, ponctué de sept tours et de trois portes, dont deux à herses, qui sera réalisé, mettant intra-muros les jardins des notables et dessinant le bourg de l’époque classique.

A la fin du même siècle, les Rognens, pris en tenaille entre Ligueurs et Protestants se caractérisent par une totale loyauté au Roi. Ils accueillent favorablement Frix de la Salle, l’occupant gascon en charge du parti royaliste, mais ils reprennent la forteresse à son lieutenant et frère quand le capitaine félon est passé dans le camp de la Ligue. François de la Salle a-t-il été défénestré comme le dit la légende « du méchant seigneur » ? Aucun chroniqueur ne témoigne du fait. Mais il a bien été « sépulturé » à Rognes le 2 avril 1592. 

Plus « royalistes que le roi », en hébergeant en 1595 les canons du duc d’Epernon contre les Aixois ralliés à Henri IV, les Rognens voient, comme les Puechens, démanteler leur forteresse entre 1597 et 1600. C’est la fin du monde féodal, Rognes entre dans l’époque moderne. 

C’est aussi la fin des « Agoult de Rognes »: Julie a épousé Henri de Raffélis, un varois dont la dynastie s’achèvera pacifiquement à la Révolution. La nouvelle église, sous le vocable de Notre-Dame de l’Assomption (1607), se pare au cours des XVII et XVIIIe siècles de magnifiques retables, offerts par les riches « forains », nobles ou non nobles, qui occupent les grands domaines de la périphérie. 

Leurs intérêts ne sont pas toujours conformes à ceux de la population. Dès 1626, l’autoritaire Julie d’Agoult interdit aux Rognens de construire des créneaux à leurs domaines : les consuls se vengent en donnant à la communauté son blason au verrou, avec en exergue « ferme bien qui pouvant tout fermer ne ferme rien ». Mais un peu avares, ils ne font pas enregistrer ces armoiries de la communauté, qui restent ignorées de la liste officielle.

Le village s’est étendu dans le vallon entre Foussa et Défens formant les belles rues de l’Eglise et du Figuier. La population atteint deux mille personnes à la fin du XVIIIe siècle. Un seigneur des « Lumières » favorise l’entretien de la voirie et la construction de maisons dans le faubourg de la Fontaine, future Bourgade. 

Heureux village ! La peste de 1720, si meurtrière en Provence, n’y fera aucune victime ; la seconde chapelle Saint-Denis, sur la route d’Aix, est construite, en remerciement de cette éviction.

 

Texte : Les Amis du Patrimoine de Rognes

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