LA MODE DURABLE 

Ces dernières années, l’intérêt pour la mode durable s’est accru. De par la mise en exergue du poids de cette industrie sur la pollution et la volonté des consommateurs d’acheter plus responsable, nous avons assisté à une croissance exponentielle du nombre de marques et d’initiatives durables sur ce marché. Ainsi, nous pouvons dire que l’année 2019 a marqué une prise de conscience concernant l’état de la mode et son impact sur l’environnement. C’est pourquoi, les acheteurs exigent désormais une transparence radicale et une accentuation de la responsabilité des marques. Néanmoins, nous restons interrogatifs sur ce qu’est la mode durable et les changements qu’elle entraîne ? 

 

Si l’on se réfère à la définition donnée par wikipedia, la mode dite « éthique », aussi appelée mode « durable » est inspirée du modèle du commerce équitable et des principes de l’éthique, avec deux types de préoccupations : sociales et environnementales. Elle est ancrée dans une philosophie de la durabilité et a pour objectif de créer une mode alternative à la fast fashion : c’est à dire plus respectueuse de l’Homme et de l’environnement dans son processus de production. Nous nous permettrons d’ajouter que, contrairement aux pratiques de la fast fashion, la mode éthique se veut plus transparente envers les consommateurs. Que ce soit pour les éléments qui composent les vêtements, leur provenance, mais également leurs coûts de fabrication afin de justifier d’un partage équitable des bénéfices.

Concrètement, en quoi cela consiste ?

Voici les bases de cette démarche responsable. À l’image du commerce équitable qui comprend plusieurs piliers, la mode éthique fait l’objet de différentes initiatives qui vont de la réutilisation des vêtements au recyclage, en passant par l’utilisation de matières écologiques qu’elles soient recyclées ou naturelles.

 

Lorsqu’on parle de fast fashion, on évoque d’abord les collections renouvelées sans cesse à des prix sacrifiés. En effet, si vous payez un tee-shirt moins de 10 euros, on vous laisse deviner la somme qu’a touché la personne qui l’a fabriqué… A-t-on réellement besoin d’acheter un nouveau vêtement à bas prix toutes les semaines ? N’est-il pas plus logique d’accepter de payer un peu plus pour une pièce que nous garderons longtemps, voir très longtemps si nous en prenons soin ? Les acheteurs de mode veulent donc une visibilité accrue sur la chaine de fabrication et l’impact de leur achat sur l’environnement. En outre, si l’on s’intéresse d’un peu plus près à ce que sera l’industrie de la mode dans un futur proche et lointain, on aperçoit des tendances émergentes, qui, nous le pensons, définiront la mode de demain.

La première démarche que l’on voit prendre de l’ampleur est l’alternative au cuir. Avec une prise de conscience mondiale de la souffrance animale et des sévices qu’ils subissent pour notre bénéfice, sans parler de l’impact de la production du cuir sur l’environnement, de plus en plus de substituts à ce matériau sont créés. À partir d’ananas par exemple. C’est le cas notamment de Piñatex qui a été à l’avant-garde de l’utilisation de feuilles d’ananas pour créer des alternatives au cuir. Grâce à un processus de “décortication”, Piñatex extrait les fibres de cellulose des feuilles d’ananas après leur récolte. Elles sont ensuite “dégommées” et transformées en produit non-tissé, puis expédiées en Espagne pour un finissage spécialisé. Le résultat final donne aux produits de Piñatex l’aspect et la texture du cuir.

La seconde approche durable qui fera la mode de demain est très certainement le coton biologique qui est en train de devenir une alternative écologique populaire au coton conventionnel. Cultivé sans l’utilisation massive de produits chimiques qui peuvent être nocifs pour les agriculteurs et l’environnement naturel, et surtout qui nécessite une moindre consommation d’eau. En effet, les sols biologiques retiennent mieux l’eau et l’humidité car ils contiennent plus de matières organiques, la culture du coton biologique nécessite donc moins d’irrigation extérieure.

Sachant qu’actuellement 1 personne sur 6 travaille dans l’industrie de la mode dans le monde, il sera nécessaire d’améliorer les conditions de ces travailleurs dans cette démarche plus éthique, plus responsable. Ainsi, des labels ont été créés et permettent de garantir des conditions de travail décentes et surtout qui s’améliorent. C’est le cas notamment de la Fair Wear Foundation qui travaille en collaboration avec les entreprises adhérentes pour améliorer et assurer des conditions de travail décentes.

 

Cette collaboration est matérialisée par le Code du Travail de la Fair Wear Foundation, basée sur 8 pratiques standards appuyées par les conventions de l’Organisation Internationale du Travail et la Déclaration internationale des droits de l’Homme. Nous y croyons et nous l’espérons parce que cela est devenu nécessaire, le monde de la mode a de belles perspectives d’avenir qui contribueront à une démarche plus éthique, plus responsable et plus logique.