3 animaux peu connus qui font la richesse de la faune provençale 

 

La région Provençale qui s’étend des Alpes au littoral offre des zones biogéographiques idéales au mode de vie et au développement d’une biodiversité unique qui reste la plus riche de France. Toutefois, l’activité humaine et les conséquences qu’elle incombe fragilisent certaines espèces qu’il est devenu nécessaire de protéger. Ainsi, afin de préserver cet écosystème, il est primordial de mieux connaître cette biodiversité qui fait la richesse de notre territoire. Dès lors, nous avons décidé de nous intéresser d’un peu plus près à trois espèces peu connues, qui pourtant, constituent le patrimoine de notre Provence.

La Genette commune 

La Genette commune ou Genette d’Europe est un mammifère nocturne, carnivore et très discret. C’est un animal qui présente de nombreuses similitudes avec le chat de par sa taille, sa couleur ou bien sa morphologie. La Genette d’Europe possède une tête fine, un museau pointu entouré d’une tâche noire et des oreilles plus grandes que celles du chat, de forme plutôt ovale. Enfin, son pelage gris clair laisse entrevoir des taches noires sur ses flancs et une bande continue de même couleur sur son dos.

La genette est la seule représentante, en Europe, de la famille des viverridés, qui sont une famille de mammifères carnivores féliformes. L’analyse du génome mitochondrial laisse donc penser que les genettes européennes actuellement présentes en France et dans notre région, auraient pour ancêtres communs des genettes africaines, et plus particulièrement des sujets originaires de la zone côtière algérienne.

En termes de morphologie, la Genette commune est longue de 90 à 110cm en moyenne queue comprise pour un poids de 2kg.
Chasseuse nocturne de tout ce qui est plus petit qu’elle mais principalement de petits rongeurs, son régime alimentaire peut également inclure des petits oiseaux, des œufs ou bien des végétaux… Elle ne possède pas de terrier fixe, sauf en période de gestation. Étant active uniquement la nuit, elle passe généralement ses journées à dormir sous un rocher, en hauteur dans un arbre, ou bien dans un terrier inoccupé. Il est très difficile d’en repérer car c’est un animal nocturne très discret et rusé. Les seuls indices de sa présence étant les crottiers qu’elle dispose généralement sur un rocher dominant la végétation. D’autant que ses crottes sont facilement reconnaissables car ayant la forme d’un fer à cheval.

L’Aigle de Bonelli 

L’Acquila Fasciata est plus connu sous son nom d’ Aigle de Bonelli, qu’il tire de l’ornithologue italien Franco Andrea Bonelli, ayant découvert cette espèce en 1815. Ce rapace discret est aujourd’hui très difficile à observer car il est l’une des espèces les plus menacées en France. En effet, en 2019 on recense seulement 38 couples sur l’ensemble du territoire avec toutefois une légère augmentation de leur nombre ces dernières années grâce aux mesures de protections mises en place depuis 1999. L’Aigle de Bonelli est un rapace de taille moyenne. Il mesure en général 60 à 70 cm et possède une envergure de 150 à 170 cm pour un poids compris entre 1,5 et 3kg. Il est reconnaissable par son plumage brun et blanc et le dessous du corps blanc qui donne un magnifique contraste avec ses ailes sombres. Cette espèce diurne est territoriale. Les aigles sont généralement fidèles à leur site, et donc à leur partenaire.

En ce qui concerne la chasse, l’Aigle de Bonelli se concentre principalement sur les pigeons, les lapins, les écureuils et les lézards. L’Aigle de Bonelli semble capable de se spécialiser sur les espèces les plus abondantes et les plus faciles à capturer sur une période donnée, ce qui est un atout indéniable pour sa survie. Deux couples fréquentent actuellement le massif Sainte-Victoire, vous aurez donc peut-être la chance d’en apercevoir un sur la partie Sud de la montagne.

Le Lézard Ocellé 

Ce reptile, cousin du Lézard Vert est nettement plus grand que ce dernier. Et pour cause, il peut mesurer jusqu’à 90cm de longueur et peser jusqu’à 350 grammes, ce qui fait de lui, le plus grand Lézard d’Europe. Malgré ses faux-aires de Dragon et sa taille impressionnante, c’est un animal peureux et discret qui vit dans les garrigues et les terres sèches et rocailleuses en Provence. C’est un chasseur puissant et agile qui se nourrit principalement d’escargot, d’araignées, de coléoptères ou bien de petits mammifères. Il possède des ocelles bleus de couleurs vives tout comme sa robe verte brillante. Les ocelles sont cernés d’écailles noires, les mêmes qui à la manière d’une mosaïque ponctuent l’ensemble du dos et des flancs de cette espèce. L’iris est jaune chez les jeunes et rougeâtre chez les adultes.

Très prudent et devenu rare à cause de la sur capture qu’il a subit jusqu’au XIXe siècle, il est aujourd’hui très difficile d’en observer. Alors même que des fossiles trouvés ont permis de prouver la présence du Lézard Ocellé sur terre depuis plus de 2,3 millions d’années. Cette espèce est aujourd’hui protégée et sa capture, son utilisation, sa détention, son transport, sa vente ou sont achat sont strictement interdits et cela, qu’il soit mort ou vivant. Ses prédateurs notables sont des reptiles comme la Couleuvre de Montpellier, des rapaces comme la Buse variable ou bien certains mammifères comme la Genette que nous étudierons dans un autre paragraphe. Toutefois, les animaux domestiques comme les chats peuvent constituer une menace pour le Lézard Ocellé juvénile, car encore très fragile à ce stade. En somme, cet animal millénaire magnifique est un emblème de la Provence qu’il est indispensable de protéger.